L’exposition permanente du Stabi Kulturwerk de la Staatsbibliothek zu Berlin
L’exposition permanente du Stabi Kulturwerk s’étend sur environ 700 m² et retrace plus de 360 ans d’histoire de la Staatsbibliothek zu Berlin à travers des objets originaux particulièrement sensibles, des manuscrits et des documents d’archives.
L’exposition suit l’évolution de la bibliothèque depuis sa fondation en 1661 et met en lumière son lien étroit avec les transformations politiques et sociales — de la Prusse et de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la division puis la réunification de l’Allemagne. Des pièces rares issues des collections de la Staatsbibliothek zu Berlin offrent aux visiteurs une perception vivante de cette histoire, rendant la mémoire culturelle visible, tangible et accessible à travers des objets originaux.
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Sehner en conversation avec Katrin Söncksen, lichttransfer Berlin. Ensemble, nous explorons la manière dont la lumière peut être intégrée avec précision dans les vitrines — et partageons des enseignements clés ainsi que des expériences concrètes issues de la pratique.
Depuis 2006, lichttransfer Berlin est synonyme de conception lumière exigeante dans le domaine muséal et scénographique. Pour Katrin Söncksen, la lumière n’est pas un ajout, mais une partie intégrante de la conception.
Son approche se distingue par une grande sensibilité aux effets produits : bien souvent, la solution optimale se situe dans une marge très étroite, qui ne peut être atteinte que par des essais minutieux, y compris avec différentes variantes, et par une coordination étroite. Les plus petits ajustements peuvent influencer de manière décisive la perception d’un espace.
La coordination, les essais menés ensemble et même les idées inhabituelles font partie, pour moi, des aspects les plus passionnants de la conception lumière. Chaque exposition apporte de nouveaux défis — de nouveaux objets, de nouveaux espaces, de nouvelles questions. Au final, il s’agit toujours de créer une image d’ensemble cohérente. Katrin Söncksen, lichttransfer
Son parcours l’a menée du conseil en éclairage et des études d’architecture à la planification muséale — avec un objectif clair : rendre visible ce qui passe souvent inaperçu.
Dans la pratique, cela signifie que la lumière n’est pas pensée a posteriori, mais développée dès le départ comme une partie du système global — en dialogue avec l’objet, l’espace et l’ensemble des parties prenantes du projet.
Chaque exposition représente une nouvelle mission. L’objectif est de rendre le patrimoine culturel visible tout en maintenant le juste équilibre entre perception et protection.
Frage:
Selon vous, quel a été le plus grand défi dans la conception lumière du Stabi Kulturwerk à la Staatsbibliothek zu Berlin?
Katrin Söncksen:
Les défis étaient à la fois atmosphériques et techniques.
Nous avons travaillé dans des espaces très sombres, avec des surfaces majoritairement presque noires. Dans de tels environnements, même de faibles niveaux d’éclairage sur des surfaces claires peuvent rapidement paraître trop lumineux. Dans le même temps, les pièces exposées devaient rester les surfaces les plus lumineuses de la salle afin de guider l’attention des visiteurs de manière ciblée.
Sur le plan technique, la situation était exigeante, car les vitrines étaient déjà définies en termes de dimensions et de positionnement. Cela a fortement limité les possibilités de placement de l’éclairage et nécessité une planification très précise.
Frage:
Qu’est-ce qui rend le papier particulièrement sensible à la lumière?
Katrin Söncksen:
Le papier est extrêmement sensible à la lumière. Il existe des exigences claires, souvent avec une limite d’éclairement maximale de 50 lux, afin d’éviter le jaunissement ou la décoloration.
Mais la valeur en lux n’est pas le seul élément déterminant — la perception joue un rôle tout aussi important. Les surfaces, les couleurs environnantes et les contrastes influencent la manière dont la luminosité d’un objet est perçue.
Grâce à la technologie LED moderne, nous pouvons aujourd’hui travailler bien en dessous de ces limites — souvent entre 30 et 35 lux dans le Stabi Kulturwerk — tout en conservant une bonne lisibilité et une perception fine des détails. C’est un progrès considérable par rapport aux systèmes antérieurs.
Frage:
Comment trouver l’équilibre entre exigences de conservation et impact visuel — et à quel moment la lumière devient-elle « trop présente »?
Katrin Söncksen:
Les exigences de conservation sont toujours prioritaires.
Il ne s’agit pas d’obtenir une luminosité maximale, mais de créer une perception ciblée. La lumière devient excessive lorsqu’elle éblouit, crée des reflets ou altère la qualité matérielle d’un objet.
Souvent, la solution réside dans le contraste, et non dans l’intensité. L’objet exposé doit se détacher clairement, tandis que l’espace s’efface.
Parfois, les plus petits ajustements — un autre angle ou une gradation minimale — déterminent l’ensemble du résultat. Il existe une marge très étroite dans laquelle tout fonctionne de manière optimale. Katrin Söncksen, lichttransfer
Au cœur du projet en tant que planificatrice spécialisée
Frage:
À partir de quel moment la coordination avec la vitrine devient-elle décisive pour le résultat?
Katrin Söncksen:
Idéalement, très tôt.
Dans la pratique, cela arrive pourtant très souvent trop tard — dans environ 90 % des projets. À ce stade, de nombreux paramètres sont déjà définis : hauteurs des vitrines, profondeurs, accès.
Ces facteurs influencent directement la conception lumière. Le rapport entre hauteur et profondeur est déterminant pour le guidage de la lumière.
Une vitrine devrait donc toujours offrir plusieurs possibilités de mise en lumière — différents angles, distances et positionnements. Cette flexibilité est essentielle.
Frage:
Comment s’est déroulé le réglage de l’éclairage sur site?
Katrin Söncksen:
C’était un processus très détaillé et exigeant en temps.
Nous avions environ 400 mini-projecteurs, chacun réglé individuellement. Chaque projecteur a été orienté et gradué séparément. Pour les œuvres papier de plus grand format, nous avons souvent utilisé quatre à six points lumineux avec différentes optiques, provenant de différentes directions.
À cela s’ajoutaient environ 70 tubes lumineux dans les vitrines de table et les vitrines à tiroirs, qui devaient également être orientés et ajustés en intensité.
Le processus a duré plusieurs semaines. Il s’agissait d’un travail d’ajustement constant — mesurer, évaluer visuellement, puis réajuster.
Dans l’idéal, chaque projecteur est contrôlable individuellement et peut être gradué sans scintillement. Cette précision est essentielle.
La lumière, c’est la perception et le guidage du regard, pas seulement l’éclairage. Katrin Söncksen, lichttransfer
Frage:
Quel rôle joue la technologie dans ce contexte?
Katrin Söncksen:
La bonne technologie constitue la base.
Une gradation sans scintillement, un pilotage précis et des conditions lumineuses stables sont essentiels. Dans le même temps, la technologie doit s’intégrer au système global — y compris aux exigences de sécurité, comme les mécanismes d’ouverture dissimulés ou les systèmes d’alarme.
Ces conditions influencent directement les possibilités de positionnement de la lumière.
Frage:
Que se passe-t-il après l’installation — notamment lorsque les objets exposés changent?
Katrin Söncksen:
Le travail ne s’arrête pas avec l’achèvement de l’exposition.
À la Staatsbibliothek, par exemple, certains objets sont régulièrement remplacés. Cela signifie que les vitrines doivent être rééclairées à intervalles réguliers. Les restauratrices ont été formées à cet effet.
Le réglage de l’éclairage demande du temps, mais il permet aussi de développer une meilleure compréhension de la lumière. Souvent, certaines personnes développent une sensibilité particulière à ce sujet — et cela est très précieux.
La coordination précoce entre lumière, vitrine et concept est décisive.
Nous remercions Katrin Söncksen et lichttransfer Berlin pour cet échange ouvert et ces aperçus de la pratique de la conception lumière dans le contexte muséal et scénographique.